Sophrologie : le bassin, ce continent oublié
« Je ne savais pas que ça bougeait comme ça, là-dedans. » Cette phrase, prononcée par un participant lors d’un atelier à Port-la-Nouvelle, révèle comment la sophrologie permet de redécouvrir des parties de notre corps que l'on croyait immobiles. Une exploration douce menée par Karine Zimmer.

« Je ne savais pas que ça bougeait comme ça, là-dedans. » Le souffle est court, le ton étonné. Au cœur d'une salle de pratique à Port-la-Nouvelle, un homme de 68 ans vient de redécouvrir son propre bassin. Cette phrase, accueillie dans le calme d’une fin de séance de la méthode Mouvements & Qi Libre®, n’est pas une anecdote. Elle est le cœur de la pratique sophrologique : rendre la présence à ce qui était devenu silencieux.
Le corps morcelé par l’habitude
Le quotidien, les postures assises, les tensions accumulées finissent par créer des zones d’ombre dans notre géographie corporelle. Le bassin, centre de gravité et moteur du mouvement, devient souvent une zone rigide, une simple charnière que l’on oublie de sentir. On marche, on s’assoit, mais on n’habite plus cet espace. La sophrologie, par des propositions de mouvements doux et conscients, ne cherche pas la performance ou l’amplitude. Elle invite à un dialogue.
Guidés par la voix de la sophrologue, les participants explorent sans forcer. Il n’y a pas de posture à réussir, pas de modèle à imiter. Seulement une invitation à ressentir. Le travail, mené par Karine Zimmer, fondatrice de la méthode, s’appuie sur le "terpnos logos", ce langage qui apaise et harmonise la conscience. L’attention est portée sur la sensation, aussi subtile soit-elle. Une chaleur, un picotement, le simple contact du sol.
L’ancrage, une fondation qui respire
Le participant qui s’est étonné de son propre mouvement a touché à un principe fondamental : l’ancrage. S’ancrer, ce n’est pas se figer. C’est, au contraire, trouver une base stable et vivante depuis laquelle le mouvement peut naître avec fluidité. En se reconnectant à son bassin, c’est toute la posture qui se réorganise. La colonne vertébrale peut s’ériger avec moins d’effort, les épaules se relâchent, la respiration trouve un nouveau chemin.
La surprise de cet ancien ouvrier du port est celle de l’esprit qui rencontre à nouveau son corps. Une rencontre sans jugement, pleine de curiosité. La sophrologie offre les outils pour cette exploration : le relâchement musculaire, l’écoute du souffle, la mobilisation de l’attention. C’est un chemin pour restaurer l’unité, pour que le corps ne soit plus un outil que l’on utilise, mais un être que l’on est.
Une pratique pour ressentir
Asseyez-vous sur le bord d’une chaise, les pieds bien à plat sur le sol, écartés de la largeur de vos hanches. Posez les mains sur vos cuisses. Prenez un instant pour sentir les points de contact de votre corps avec la chaise et le sol. Maintenant, en respirant tranquillement, faites rouler très lentement votre bassin d’avant en arrière. Sentez comment le poids du corps se déplace sur vos ischions, ces os pointus sous les fesses. Explorez le mouvement, sans chercher à aller loin. Juste sentir. Qu’est-ce qui bouge d’autre ? Le bas du dos ? Le ventre ? Accueillez simplement les sensations, sans attente. Trois respirations conscientes suffisent.
Cette redécouverte du bassin n’est qu’une porte d’entrée. Elle ouvre sur un potentiel infini d’exploration et de présence à soi. Quelle sera la prochaine partie de vous-même à laquelle vous rendrez la parole ?
Namasté.